Société: Le parquet général acquitte Satou Oumarou, dentiste après onze jours de détention sans plainte ni motif valable à sa charge.

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Libreville, 21/ 07 / 08

Ce n’est pas un cas isolé qu’on enregistre dans nos instances judiciaires. Des exemples sont légions. Pour la plupart des cas, ces situations ne sont pas portées à la connaissance des chefs d’unité. Des agents zélés écument nos commissariats brigades de gendarmerie et mettent au violon qui ils veulent et quand ils le souhaitent. Comment s’étonner que ces derniers abattent de paisibles citoyens pour des causes banales du moment où rien n’est fait pour sévir. Mba Abessolo, défenseur des droits de l’homme est attendu sur ce terrain riche en matières à réflexion. Pour l’heure, la justice aura bientôt à instruire ce dossier, tant Satou Oumarou entend porter plainte

L’affaire remonte au mois de mars Satou Oumarou dentiste de nationalité gabonaise, contrairement à ce qu’a laissé entendre le quotidien l’Union sur l’identité de l’accusé, s’est retrouvé derrière les barreaux de la brigade spécial de gendarmerie de Gros Bouquet.

Arrivé à Libreville en provenance de Bitam où il est né et exerce depuis de longues dates, l’homme s’installe à Libreville pour soigner les personnes souffrant de maladies bucco dentaires. Très tôt il se fait une bonne carte de visite à travers ses prouesses.

Membre affilié à la famille des tradithérapeutes du Gabon, il a participé à plusieurs séminaires organisés par le ministère de la Santé. Parmi ses amis, se trouve un gendarme nommé … avec qui le dentiste partage des soirées entières dans les grooves.

Quelques mois après son installation non loin du feu rouge de Nzeng Ayong, alors que tout semble marcher dans le bon sens avec son ami gendarme, il est interpellé un matin dans son cabinet devant les patients par une cohorte de gendarmes venus de l’unité spéciale où travaille le gendarme en question. A la question de savoir pour quelles raisons cette arrestation. C’est plutôt à la brigade qu’il saura ce dont il est accusé par l’enquêteur.

De quel usage de faux et exercice illégal de la médecine traditionnelle s’agit-il du moment où l’homme a tous ses papiers en tant que citoyen gabonais et en sa qualité de dentiste praticien. Personne ne voudra rien entendre. Surtout les médias en mal de scoops et sensation ont fait défilé les images de ce père de famille à travers les écrans de télévision, le traitant de tous les noms d’oiseaux de la gent ailée. Le quotidien l’Union reprendra à sa manière, avec tout le grossier mensonge, sans vérification des faits, l’affaire. (L’Union, édition du 12 mars 2008.)

Après onze jours de garde à vue, l’importuné dentiste, déféré au parquet sera mis en liberté sans autre forme de procès. Voilà qui relance la problématique de l’abus de l’autorité dans notre pays. Pour peu que quelqu’un soit du corps habillé, il se croit tout permis. Il y en a qui prétendent être dépositaire de l’autorité divine, au point de fouler la loi au pied. Pour une histoire de jalousie, selon ce que nous retenons de nos investigations et sans aucune plaine de qui que ce soit, un honnête citoyen se retrouve privé de liberté pendant onze jours. Ce cas est loin d’être unique.

On rapporte qu’au commissariat de Nkembo, deux jeunes adolescents ont été gardés pendant une dizaine de jours. Les deux âgés de 17ans ont été incarcérés sans plainte. Tout simplement que le parent de la fille officier supérieur à la GR soupçonnait sa fille avec le polisson. Il a fallu l’intervention d’un homme politique à qui on a demandé 40 000 francs pour relaxer le jeune homme. Un coup de fil du colonel ayant suffi pour remettre sa fille en liberté. A se demander combien de temps encore ce comportement des hommes en tenue demeurera-t-il impuni. C’est tous les jours qu’on note ces faits. Qui a dit que les droits de l’homme étaient respectés au Gabon ?

A présent que Satou Oumarou a décidé de porter plainte contre ce gendarme et la presse qui ont porté atteinte à son intégrité, nous osons espérer que la sentence qui en résultera servira d’exemple pour les hommes en uniforme qui prétendent être au-dessus de la loi. Quant à la presse, il vaut mieux aller toujours aux sources de l’information que de se lancer dans cette course dangereuse qui consiste à recourir à la vitesse dans la publication d’un fait qui mérite un minimum d’enquête. Cela s’appelle aussi du professionnalisme.

L’heure est donc désormais à la vérité. Un peu de courage pour nos amis des médias audio visuels qui ont toute la latitude d’aller vers le dentiste rétablir toute la vérité dans cette affaire qui a terni l’image du thérapeute au point de lui faire perdre la cliente. C’est aussi cela faire correctement son travail. La justice du reste, pourra demander la réparation du préjudice moral causé par cette affaire au dentiste s’il passe sa menace à exécution. Le gendarme qui devra répondre de ses actes avec sa bande doit se mordre les doigts et préparer une solide défense, car les choses risque tourner casaque pour lui. En attendant le commandement en chef de la gendarmerie a été saisi pour information concernant cette affaire.

Par Eldik Mohamed

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 21/07/2008