Elections locales: Marc Antoine Ngueye et les hommes d’église trahis par la classe politique gabonaise

Libreville, 01/ 07/ 08 (Gabon D’Abord Actualités)

Deux mois après les élections locales, les voix s’élèvent pour dénoncer des promesses non tenues par les uns et les autres à leur électorat. Les cuisses de poulets et les ailerons de dinde n’ont pas suffi pour émousser les revendications des populations ayant prêté leur voix aux élus d’aujourd’hui.  Marc Antoine Ngueye, adjoint au maire sortant d’Owendo,  estime qu’il a trop attendu. Il est temps que la classe politique dirigeante tienne à sa parole. L’homme de Dieu dresse un bilan négatif de la dernière consultation électoral qu’il qualifie de « honte nationale », au regard de la mascarade qui a émaillé le scrutin. Notamment à Owendo où il a suivi de près le déroulement des opérations. Les candidats de son parti ayant été chassés des bureaux de vote comme des malpropres.

Marc Antoine Ngueye est de cette race d’hommes politiques qui dérangent par leur franc parler. C’est l’homme qui dénonce quand ça ne va pas. Il est aussi celui qui sait garder le sang froid devant des situations désespérantes. Depuis les années 1987, l’homme et sa famille ont marqué l’histoire par leur soutien en la personne du président de la République, surtout en période d’élection au temps où l’opposition faisait encore mordre la poussière au PDG. Qui ne se rappelle pas le temps où Janvier Nguéma Mboumba alors proviseur au lycée Léon Mba et au lycée technique Omar Bongo faisait des mains et des pieds pour le parti au pouvoir? Comment l’a-t-on remercié ? Par une retraite anticipée… Ceux qui ont la mémoire courte se souviendront sans doute du tabac que Marc Antoine a infligé aux candidats du siège d’Owendo lors des locales de 2002. A la demande de la classe politique au pouvoir, l’homme cèdera cette place à dame Amvoula, en toute humilité. Seulement, promesse lui sera faite que sa place lui sera rétrocédée  dès les échéances futures. Cinq années sont passées très vite et Monsieur Ngueye sera oublié de la table du seigneur. Il en sera ainsi  de la gestion très personnalisée de la mairie qui sera entièrement entre les mains de la Mairesse. Elle va passer les cinq années à la tête de cette mairie à exercer un pouvoir sans partage. Elle sort par la petite porte pour son refus d’écouter les conseils de son plus proche collaborateur qui a le mérite de connaître jusqu’au moindre détail le mode de fonctionnement et de gouvernance du parti au pouvoir. « Ce sont des personnages qui ne tiennent pas à leur parole », voilà ce que marc Antoine lâchera à la presse. L’homme ayant décidé ne plus être très bavard, surtout à travers les médias. En homme de Dieu, il va plutôt nous recommander la lecture tirée des Lamentations au chapitre 3, verset 36.

               

                              « Le peuple mécontent murmure »

L’homme estime que le peuple a fait le choix. Celui de ne plus voter. A en juger par le fort taux d’abstention. C’est tant mieux pour le parti au pouvoir qui pourra étendre son hégémonie sur tous les secteurs de l’activité, comme c’est le cas aujourd’hui. D’autre part, les maires sortants viennent d’être victimes d’un harcèlement dû à la restitution des véhicules de fonction dont ils ont assuré l’entretien pendant cinq années. Marc Antoine Ngueye qui a dépensé près de douze millions pour restaurer son véhicule accidenté a tout simplement vu celui-ci regagné le parc automobile de l’hôtel de ville de Libreville sans autre forme de procès. Pendant ce temps, certains maires sortant menaçaient de flinguer quiconque violerait leur parking auto sous prétexte de retirer les véhicules du ministère de l’Intérieur. Dans son mutisme, l’homme de Dieu s’est indigné de ce que le ministère de l’Intérieur ait choisi d’aller vite en besogne en installant dans la précipitation Jean François Ntoutoume Emane, nommé dit-il, ironisera-t-il, à ce poste de maire de Libreville. Ce que la population savait déjà au lendemain des législatives. Ntoutoume Emane ayant essuyé une cinglante défaite. La Cour Constitutionnelle a fait dire le droit. Qu’en sera-t-il de cette nouvelle situation savamment cuisinée par Mba Obame. Situation où l’homme se donne tant de zèle au point de procéder à l’installation des maires de Libreville et d’Owendo sans attendre le rendu de ladite juridiction. Autant d’impair, aux dires de Ngueye, qui risque d’entraîner le pays dans un désordre total. Heureusement poursuit-il que les hommes de Dieu prient tous les jours pour la paix dans notre pays.

A l’analyse de cette réflexion de Marc Antoine Ngueye, il est fort à craindre que l’installation des maires de Libreville et Owendo soit mise en cause. Dans ce cas, ce que nous ne souhaitons pas, l’enfant terrible de Lalala rendra l’écharpe et l’on recourra à une autre élection. Nous souhaitons tout simplement que les règles de jeu soient respectées ; que le droit soit dit. La Cour Constitutionnelle gagnerait ainsi en crédibilité. Sinon, avec toutes les preuves versées au contentieux, nous ne sommes pas loin de connaître une issue semblable à ce schéma. Il ne reste plus qu’à faire confiance à l’équipe menée par Marie Mado qui sait parfois transiger quand l’intérêt de la nation est en jeu. Dans le cas contraire, elle n’aura qu’à démissionner.

Notez que la cérémonie d’installation qui a connu une forte coloration folklorique, a vu la participation des groupes traditionnels menés par Nkol Engong du 5ème arrondissement. Le groupe Aroungou a plutôt brillé par son absence. C’est dire à quel point le fusil a changé d’épaule. Que la Cour Constitutionnelle se prononce et nous serons définitivement fixés sur la nature de l’Etat de droit qu’est le Gabon.

Par Paul Etourekan
© Gabon D'Abord Actualités

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                 

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