Madagascar claque la porte, Dakar tergiverse. Libreville sur le point de mire.

Libreville, le 08/ 07 / 2008 (GDAA) - La fermeture du siège social de l’Agence de Sécurité pour la Navigation aérienne (ASECNA) annoncée à Dakar et le retrait sans appel de Madagascar alimentent depuis quelques temps les conversations. Comment le Sénégal en est-il arrivé là après près d’un demi siècle à la tête de cette institution ?  

                                                                                         

Il y a six mois de cela que Dakar annonçait son retrait de la grande famille Asecna après presque un demi siècle comme membre.

 Le pays de Senghor ne trouve plus son compte face au séisme financier que connaît l’agence. Après moult tractations, le Sénégal se retire et réclame un payement de près de soixante milliards de francs CFA. Cette annonce a été faite  récemment à Dakar par le ministre de l’Aviation civile de ce pays il y a quelques semaines.

 

L’annonce faite récemment à Dakar par le ministre sénégalais chargé des Transports de la reprise de la gestion des aéroports du pays par l’Etat sénégalais voulait-il dire autre chose que cela ? En même temps que  les regards sont tournés vers Libreville, capitale gabonaise dont l’ancien ministre des Transports avait effectué une visite à Dakar avant son changement de porte feuilles. Visite au cours de laquelle Pierre Claver Maganga Moussavou s’est entretenu avec le chef d’Etat sénégalais Abdoulaye Wade. Sur quoi ont porté ces entretiens ? On peut tout simplement se risquer de croire que le problème du retrait du Sénégal qui abrite le siège depuis cinquante ans a figuré parmi les points inscrits à l’ordre du jour.

 

Il n’y a donc pas lieu d’exclure l’hypothèse selon laquelle Libreville pourrait prendre le relais de Dakar. L’axe Dakar Libreville connaissant un réchauffement particulier qui fait des muses ces derniers temps sur le plan diplomatique. De toute façon, nous ne sommes pas loin d’imaginer qu’après Dakar, Libreville soit le prochain siège. Le deuxième de l’histoire de l’agence. Pascal Oyougou qui est le représentant Asecna au Gabon a-t-il des ambitions de devenir le président de l’Agence ? Le seul fait que Libreville cotise régulièrement pour le compte de l’institution le met déjà en pool position pour succéder à son homologue de Dakar. Un challenge de plus pour le Gabon.

 

 Encore que sur le plan diplomatique, le Gabon capitalise une bonne audience.  

Le Gabon étant ainsi devenu le pays abritant l’institution, cela ne sera que justice au regard du travail que le pays de Omar bongo Ondimba a abattu sur le plan de la sécurité aérienne en organisant à intervalles réguliers des colloques et séminaires à Libreville.

 

  Il est vrai aussi qu’après presque un demi siècle de gestion de l’Asecna à Dakar, il sera très difficile à la capitale qui héritera de la succession d’avoir tout de suite des coudées franches et de peser de tout son poids sur la balance financière comme l’a fait bon an mal an Dakar. Seule obligée de supporter la charge financière jusqu’au sacrifice. Quant au passif, autant ne pas en parler pour le moment. Situation qui va amener l’Etat sénégalais à revoir la copie autrement que par un retrait pur et simple.

 

Pour l’heure, les autorités à charge du transport ont intérêt à déclarer leur candidature. D’autres pays entendent aussi abriter le siège de l’Asecna.   

 Dakar vient ainsi d’ouvrir la porte à la succession.

 

Mais, ce qu’il faut aussi savoir est que ce retrait du Sénégal donnera l’occasion à d’autres Etats d’Afrique Centrale de postuler. Notamment le Cameroun qui abrite et forme depuis plusieurs années dans l’un des centres les plus modernes d’Afrique les agents et cadres Asecna. Le Gabon qui bénéficie déjà d’une bonne aura et d’une stabilité politique pourrait bien tirer l’épingle du jeu si jamais il en venait à postuler.

 

Peut-être le Gabon, avec sa flotte expérimentale Gabon Airlines, née des cendres de Air Gabon, aura aussi à travers ce challenge à refaire une identité de sa navigation aérienne perdue à travers les ailes du perroquet vert. Il faut donc garder espoir . Le Gabon qui entreprend en ce moment de grandes réformes sur le plan de l’aviation civile a sans doute des défis à relever. 

Par Heldik  Mohamed

© Gabon D'abord Actualités

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