La Setrag et la rupture du contrat social

Libreville, le 22/ 07 /2008

Quatre années ne suffisent-elles pas pour pouvoir juger les performances d’une entreprise ? Mandataire hier, concessionnaire aujourd’hui pour une période de trente ans. Ce qui suppose que  la Société d’exploitation de chemin de fer Transgabonais ( Setrag ) s’est doté des moyens pour tenir la route. Du moins, pendant la première décennie. Or, ses performances laisse interrogateur le contribuable gabonais, quant à sa fiabilité et sa capacité à assumer les termes de son contrat social. Le transport des voyageurs connaît ces dernières semaines des défections de nature à décourager de nombreux clients qui, à défaut de trouver une alternative ailleurs, sont contraints de subir au quotidien les affres et  caprices que leur impose  la société. Le Pdg Marcel Abéké, n’en voudra qu’à lui-même, d’avoir beaucoup promis. Promesses dont on attend toujours la réalisation. Les clients ne trouvent plus d’intérêt dans son discours qui portait sur l’amélioration des prestations de services. Rien de tel, que de passer trois jours pour rallier Franceville en provenance de Libreville. Cela fait aussi partie des performances à mettre à l’actif des promesses du Pdg.

Société anonyme de droit gabonais, la Setrag a été créée par décret présidentiel le 27 juin 1997.  Au capital de 10 milliards de francs CFA, elle compte près de 13O8 employers. Cette société a entamé sa mue il y a un peu plus de trente mois. C'est-à-dire qu’elle passait de mandataire à concessionnaire. A ce titre, de réelles raisons d’espérer  à de meilleures performances sont nées. A cette époque, la direction animée par l’inamovible Marcel Abéké, se réjouissait encore d’une progression à la hausse de l’ordre de 4% du trafic passagers en 2005. On parlait de près de 230 mille voyageurs à transporter, comme objectif triennal. Aujourd’hui, si l’on s’en tient aux chiffres de 2006, communiqués lors du séminaire de juillet 2006. Repris en juillet 2007 des 5 èmes journées de l’économie par Jean François Coutin, directeur général adjoint. Lequel a porté sur le développement des ressources humaines. Au cours des mêmes assises, il a aussi été question de la recherche des voies et moyens destinés à améliorer la gestion des activités ferroviaires dans un marché de transport concurrentiel. Les mêmes débats ont fait état du défi de la survie du rail à relever aussi bien pour les réseaux privatisés que les entreprises parapubliques déjà en stade de processus de la mise en concession telle que la Setrag.   A l’analyse, et parmi les différents trafics de cette société, il n’y a que celui des voyageurs qui a connu la plus petite marque de progression. Cela explique-t-il le peu d’intérêt que la direction attache à ce secteur ? Sur le plan logistique, il faut avouer que les 16 locomotives dont dispose la société pour le transport de ligne ne répondent plus aux normes techniques qu’exige la technologie de l’heure en matière de transport ferroviaire. En matière de trafic, le directeur adjoint déclarait que « la société avait des objectifs volontaristes. Par rapport au dynamisme économique du pays, la société avait un certain nombre d’opportunités et des objectifs ambitieux en matière du transport des voyageurs. »  On comprend aisément que ces déclarations d’intention n’avaient rien de réalistes, du moment où le calvaire qui est le lot quotidien des voyageurs astreints au dictat  des programmes se poursuit et s’accentue. Malgré la publicité renforcée dans les médias dont la société abreuve les lecteurs d’un confrère quotidien de la place, les services sont jusqu’ici médiocres. A en juger par des pannes répétées sur la ligne, les programmes de mouvements de train annoncés sont loin d’être respectés. Pire , la société ne s’est pas toujours excusée pour les désagréments dus à son manque d’expertise. Sur le plan économique et par rapport au profit, toute l’attention de la setrag est portée vers le volet carburant, manganèse, coke et grumes qui font le gros chiffre.

La rupture du contrat social

Sur le plan social, si l’on classe la setrag parmi les entreprises citoyennes, en ce sens qu’elle contribue à l’aménagement du territoire en traversant le pays d’Ouest en Est, à travers cinq provinces parmi les neuf,on ne s’expliquerait pas l’attitude de la direction d’investir aux petits trots dans ce volet.

On parle de budget en hausse sans que dans la qualité des prestations, on en soit vraiment convaincu. Il faut être conséquent pour reconnaître que la Setrag a l’obligation des résultats. Autant accorder plus d’intérêt aux trafics qui assurent la bonne santé de l’entreprise. Quitte à relayer le social au second rang. Il n’est pas question, comme l’estimait pour se justifier sur la baisse de rentabilité de certains secteurs, le PDG Marcel Abéké, de croire que la situation est due aux seuls dérèglement du marché en ce qui concerne notamment les grumes et de l’encombrement du port à bois d’Owendo, quand ce n’est l’insuffisance des wagons G1. 

Il faut le reconnaître, les efforts de la direction ont été notés au niveau des mesures prises en faveur du personnel. Beaucoup reste encore à faire. C’est la qualité de services qui a fait figure de parent pauvre sur l’augmentation du chiffre d’affaires de 4 milliards de francs qu’a dû réaliser la Setrag ces deux dernières années. L’estimation ayant été faite par Marcel Abéké lui-même.

Reste que la qualité de services annoncée et le trafic qui aurait connu une nette augmentation reste mitigée. On dirait que c’est à rebours qu’on a plutôt noté la progression en dents de scie du secteur. Là aussi on évoque dans des milieux politiques, la double casquette Abéké Marcel.

A califourchon entre Setrag et Comilog., pour une seule personne, n’est-ce pas un peu trop ? Avec la complexité des entreprises d’une telle envergure, il est fort à craindre que l’homme ne soit tôt ou tard gagné par la sclérose. Les fonctions politiques faisant aussi partie de son emploi du temps. Un véritable homme orchestre.

Vieux matériel roulant

Sauf que les usagers des rails attendent toujours l’acquisition du nouveau matériel annoncé depuis plus de deux ans. Les quelques locomotives existantes, à cause de leur vieillissement, ne répondent plus aux exigences du trafic. Aussi bien que les travaux sur la voie s’imposent, la sécurité dans nos trains et sur les installations, avec le renforcement des signalisations et la télécommunication assistée d’ordinateurs constituent un défi à relever si le directeur veut rester fidèle à ses promesses qui feront de lui, un homme d’actions plutôt que celui d’un cadre très occupé, incapable d’honorer ses engagements et jouer à fond son rôle. La survie de la société en dépend. Les témoignages à notre possession font état du très mauvais état des voitures qui n’offrent pas les conditions minimales d’accueil et d’hébergement des voyageurs. Le service commercial qui procède à la vente anarchique des titres de voyage sans tenir compte des places disponibles. Le résultat est celui qu’on connaît. Les clients voyagent dans des conditions inhumaines, un peu comme du bétail. Ajouté à tout ce tableau sombre le manque de sanitaire et de lumière. Sans doute, tout cela sera porté à la connaissance du chef de l’Etat, lui qui a dû, envers et contre tous, parfois en pactisant avec le diable, faire en sorte que le projet voie le jour. 

Par Titus Akomo Bassila

© Gabon D'Abord Actualités

Commentaires (1)

1. dancing in E (site web) 30/09/2010

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