Cacao et café, un défi pour la Caistab

L'image “http://tbn0.google.com/images?q=tbn:mRkealwHqKty3M:http://ci.telediaspora.net/portail/portail/photo/image/Cacao-cueillette%255B1%255D.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Libreville, le 22 / 07 / 2008 (GDAA) - La diversification de l’économie gabonaise devient un impératif catégorique en ce moment où le train de la mondialisation se met résolument en branle. Plus question de languir par la percée du pétrole sur la place boursière mondiale. Encore moins croiser les bras et fumer son calumet en toute quiétude.  Il faut se soucier de ce que l’avenir sera fait.  Retourner à la terre. C’est ce que le président de la République propose. Ce retour à la terre se fait au moyen de mesure d’accompagnement. Parmi les cultures de rente, le cacao et le café ont retenu l’attention des plus hautes autorités de ce pays. La création au sein de la Caisse de Stabilisation et de Péréquation (Caistab)d’une direction caisse cacao café constitue un exemple de cette volonté. Trois ans pour l’Etat, pour relever le défi.

Par ordonnances n° 34 / 65 PR du 6 août 1965 pour le cacao et n°22/77 PR du 18 avril 1977 pour le café, l’environnement juridique pour l’exploitation de ces deux produits agricoles et industriels était défini avec la création de la Caisse cacao et café. Il ne restait plus qu’aux acteurs du monde rural et pays de s’en approprier afin de mettre à leur profit les retombés au crochet de la balance. L’Etat va mettre un certain nombre de dispositions en place pour permettre aux agriculteurs de jouir des fruits de leur travail. D’abord par l’amélioration des conditions de vie des acteurs du monde rural. Ce qui aura pour conséquence immédiate de limiter l’exode rural vers les grands centres urbains. Les paysans vont donc désormais participer au produit intérieur de notre économie. Entre autres missions, la caisse sera chargée de la collecte, le transport bord champ et la commercialisation des produits. Elle va aussi réguler les prix d’achat aux planteurs tout en recherchant l’amélioration du produit et sa qualité.

La caisse basée à Libreville est représentée dans cinq provinces par les démembrements que sont les délégations provinciales. Il est clair que le boum pétrolier va faire prendre pendant près de deux décennies les velléités et l’engouement des planteurs des deux principales zones des produits que sont le grand Nord et le haut Ogooué.

Cet abandon se fera ressentir à travers la production qui n’est jamais allée au –delà du seuil des 100 tonnes. Et pourtant, dit-on des milieux proche de l’agronomie tropicale, le Gabon regorge d’énormes potentialités agricoles en ce qui concerne les deux produits en question. Comme produits industriels de substitution, il y a de fortes raisons d’espérer que le cacao et le café pourraient la bonne carte en dépit des intrants parfois onéreux que le cycle de reproduction, il est clair que passée cette période initiale, notre sol, naturellement riche en agents fertilisant pourra se passer de ces intrants. Encore que, comme nous l’a expliqué Monsieur…, directeur de la caisse cacao café, en sa qualité d’ingénieur en agronomie, le critère qualité joue beaucoup en ce moment sur le choix du produit sur le marché international. Par conséquence, il faudrait désormais veiller à ce que  de moins en moins de le produit fini ait été entretenu par davantage d’intrant qui risque altéré la qualité. Au point de le disqualifier.

Vieillissement des planteurs

Les rendements ont décru à cause du vieillissement des planteurs. C’est ce défi  que Monsieur Mathias Otounga, directeur général de la Caistab, a tenu à relever au bout de trois ans, le temps que dure le cycle normal du cacao et du café. Une touche nouvelle, quand ce n’est pas une impulsion nouvelle que le nouvel administrateur de cet outil de production entend insufler dans cette boîte où de vieilles habitudes se sont encrées et qui obèrent sérieusement les actions déjà posées qui ne demandent qu’un coup de boutoir pour aboutir. Néanmoins, l’homme s’est entouré d’une équipe de jeunes décidés à aller jusqu’au bout. Le recrutement d’une vingtaine d’ingénieurs des techniques agricoles, justifie cet engagement de la direction générale de parvenir à ces ambitions.

Du reste, le projet qui n’est pas à son terme fait état de la réhabilitation de quelques exploitations à l’instar de Alanga, dans le Haut Ogooué de 170 ha de café, de 200 ha à Ebeigne, 200 à Centreville et près de 400 ha cacao dans le Woleu-Ntem et 20 ha en Ogooué Ivindo. Un peu plus de 500 emplois, si on en croire les statistiques dressées par les services de la direction cacao café. Il faut noter qu’en ce moment les coopératives des zones de Njolé puvi, Minvoul et d’autres localités bénéficient de l’encadrement de la caisse cacao café.

Difficultés

Lueur d’espoir

Outres les difficultés inhérentes à la conjoncture difficile de la trésorerie de l’Etat, malgré la motivation dont font preuve les paysans, l’approvisionnement des plants de qualité reste un problème majeur. A défaut de décourager, amène la direction à plus d’ingéniosité à trouver des partenaires. C’est cela qui explique de nombreux déplacements des responsables obligés d’aller défendre les intérêts du  dans des Gabon conférences à travers le monde. Ce comportement a toujours valu à notre pays l’aura dont il jouit  au concert des nations.

Au cours des travaux de la commission agronomique tenus sous les hospices de la Caistab, la direction de cette institution a dévoilé ses ambitions. Celle d’attendre contre vents et marrées à moyen terme, une production de 1000 tonnes cacao et 500 tonnes café à l’orée de trois ans. Pour cela, il suffit de réhabiliter et densifier les plantations l’abandon, aider la production villageoise, vulgariser les techniques agricoles en s’appuyant sur les nouvelles techniques culturales.

Il faut mettre en place de nouvelles pépinières, ce qui aboutira à la création de nouvelles plantations. Engager une lutte phytosanitaire et encourager la fertilisation des sols. Il vaudrait également poursuivre, comme c’est le cas en ce moment, la coopération internationale tout en mettant l’accent sur la collaboration entre le ministère de l’agriculture et Caistab aux fins d’éviter les conflits de compétences.

Garantir un prix d’achat stable ne devrait pas se poser en terme de priorité pour nos planteurs. Toutefois, le gouvernement prend toujours, quand c’est nécessaire des mesures pour parer à toute éventualité quel que soit les fluctuations sur le plan international. Il s’agit aussi du mécanisme de la péréquation des prix aux producteurs en vigueur. D’ailleurs l’Etat vient de revoir à la hausse le prix d’achat du kilogramme de cacao à 650F CFA et celui du café à 450 FCFA. L’investissement dans le cacao et le café est un risque qu’il faut prendre. D’autant que le pétrole, vieux de près d’un demi siècle, n’a pas apporté aux populations l’effet escompté. Pour la simple raison qu’elles n’étaient pas foncièrement impliquées. Avec le cacao ou le café, peut-être les deux à la fois, on est sûr d’en avoir pour son compte. C’est aussi la diversification de l’économie.

Par Léon Dieudonné Koungou Mintsa

© Gabon D'Abord Actualités

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site