Société: La Baie des cochons / Un éléphant bleu !

Libreville, 08/ 07 / 08 (Gabon D’Abord Actualités)

En annonçant récemment en conseil des ministres l’aménagement de la baie des cochons et du quartier Petit Paris, le gouvernement de la République entend mettre en exécution le plan d’aménagement de la capitale. Mais cette tâche ne sera pas facile, car il faudra démolir et reconstruire avec tout ce que cela comporte comme dégâts. 

                                                                                                                                                                        

Les populations riveraines de la Baie des cochons ont plutôt accueilli avec stupéfaction la nouvelle selon la laquelle les aménagements seront bientôt faits sur leur site et Petit Paris. Ces populations qui ne sont pas contre le bien fondé de la décision gouvernementale, s’insurgent cependant contre le fait que ce n’est pas la première fois que ce type d’annonce a été faite.

 

Selon certaines indiscrétions recueillies auprès des notables de ce quartier, les riverains vivent dans la psychose et la peur d’être déguerpis à tout moment. Cela contribue ni plus ni moins à freiner les efforts de développement que les uns et les autres auraient pu entreprendre depuis de longue date. Le plus surprenant est que le même communiqué fait état des études préalables devant y être menées. On est donc tenté de croire que le projet en question s’inscrira dans le cadre  des éléphants bleus comme tant d’autres qui l’ont précédé par le passé.   

 

Au regard des précédents projets rangés dans le tiroir de l’oubli figurait la viabilisation de la zone urbaine dite Baie des cochons. Ces projets n’ont pas suivi des faits.

 

Le peuple s’interroge quant à la réalisation de ce projet comme tant d’autres. Le président Léon Mba, père de la nation n’a-t-il pas inscrit cette problématique parmi ses préoccupations. La baie des cochons comme son nom l’indique est un quartier sous intégré où la vie est difficile. Tant en saison sèche qu’en saison des pluies, l’accès dans ce quartier du troisième arrondissement de Libreville constitue un véritable souci pour les riverains. Le fait d’y envisager les travaux procède de la volonté des pouvoirs publics d’améliorer les conditions de vie des populations gage du bien-être. D’ailleurs cela répondra au souci majeur des riverains qui n’ont jamais manqué, chaque fois que leur a été donné de soumettre à l’intelligence des autorités administratives et politiques les sempiternelles doléances allant dans ce sens.

 

 Fallait-il attendre cette année pour que le conseil des ministres inscrive le sujet à l’ordre du jour ?

 

La situation de la Baie des cochons n’échappe plus à personne. Elle ne saurait être imputable aux seuls politiques et pouvoir public. Elle est surtout le fait de l’occupation anarchique des  familles et populations en mal de propriété.  L’Etat qui ne fait pas assez en matière de logement ne pouvait pas non plus empêché les citoyens de s’établir dans des zones à risque.

 

La faiblesse des revenus des uns et des autres a fini par intensifier le phénomène. Au point de voir les marécages entièrement occupés. De là à croire que ces domaines obtiennent des titres fonciers, il y a de quoi remettre en question la responsabilité de l’Etat, seul maître de la gestion du patrimoine national.

 

Or l’aménagement de certains quartiers de la capitale a fait l’objet d’octroi d’aides des bailleurs de fonds. L’Union européenne, le Fonds européen  pour le  Développement pour ne citer que ceux-là ont pourtant financé des projets de même nature.

 

Depuis plus de cinquante ans que les premiers habitants se sont établis d’une façon permanente à la Baie des cochons et derrière l’hôpital, les autorités locales et politiques ne trouvaient aucun intérêt à viabiliser ces quartiers malgré les sinistres enregistrés.

 

En tout état de cause et ce qui arrivera tôt ou tard est irréversible. Il va falloir casser et reconstruire. Voilà la solution. Du coup, le problème de relogement va se poser. Autant pour les populations de se mettre déjà dans cette logique du qui vive afin d’éviter des surprises désagréables.

 

Par  Simon NSI MBA

© Gabon D'Abord Actualités

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